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SE Marie Niange Ndambo, Ministre de l'Environnement et Développement durable

Lettre à SE Marie Niange Ndambo, Ministre de l’Environnement

Avant toute chose, laissez-nous vous féliciter pour votre nomination au poste de Ministre de l’Environnement & Développement Durable. Ensuite, laissez-nous vous dire que vous avez la lourde tâche de nous conduire à l’atteinte des Objectifs Durables d’ici 2030 (ODD). Pour cela, l’examen de votre profil nous pousse à croire que vous êtes exactement à votre place. Nous vous souhaitons plein succès.

Par ailleurs, laissez-nous vous prévenir que de très nombreux défis vous attendent. En effet, il suffit d’un regard attentif autour de vous, particulièrement dans la ville de Kinshasa. Oui, Kinshasa offre un spectacle désolant : destruction massive de tous les espaces verts, rivières et cours d’eau transformés en décharges sauvages, berges des rivières occupées anarchiquement, non respect des normes de gestion des fosses septiques, manque de politique d’assainissement des espaces publics… Il va de soi que tout ceci a une forte incidence sur la santé publique.

Dans un forum sur l’impact sanitaire de la pollution de l’air à Kinshasa, le Recteur de l’Université de Kinshasa déclarait :

“En médecine ont dit, la génétique prédispose, mais c’est l’environnement qui déclenche. En effet, les maladies non transmissibles comme le diabète, l’hypertension ou les cancers trouvent un terreau fertile dans la dégradation de l’environnement (…) Si l’on ne peut pas encore modifier notre hérédité, on peut et on doit agir sur notre environnement”, insistait-il.

Toujours dans le cadre de ce même forum, Dr Mélanie Ngutuka, indiquait que la ville de Kinshasa est aujourd’hui exposée à une concentration de particules fines (PM2.5) de plus de 43 microgrammes/m³, soit huit fois le seuil recommandé par l’OMS (5 microgrammes/m³).

Cette pollution est responsable de plus de 8 millions de morts par an dans le monde, dont plus de 80 % dans les pays à faible revenu. En RDC, elle tue silencieusement, bien plus que certaines maladies comme le VIH, le paludisme ou la malnutrition», déclarait-elle.

Toujours, l’étude conduite par l’équipe de Dr Mélanie Ngutuka révèle que la pollution de l’air représente le deuxième facteur de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans, après la malnutrition. ” Les maladies cardiovasculaires, AVC, cancers du poumon, asthme et autres affections respiratoires figurent parmi les conséquences les plus courantes.”, a déploré la pneumologue congolaise.

Dans le même ordre d’idées, de nombreuses études ont été menées sur la santé des rivières et la qualité de l’air. C’est le cas des travaux menés par les équipes de la Professeure Céline Sikulisimwa Pole de l’UNIKIN, une infatigable Jeanne d’Arc œuvrant dans la lutte contre la dégradation de l’environnement. Grâce à la technique du monitoring, cette dernière  a mis en lumière l’état réel de destruction massive de la quasi totalité des rivières et cours d’eau de la ville de Kinshasa.

Tout cela pour vous dire, Excellence, que l’heure est grave, alors graaave. Voici pourquoi nous plaçons notre espoir en votre leadership pour réveiller les différents services qui relèvent de votre secteur. Aux grands maux, de grands remèdes, dit-on. Nous estimons que la question de la sauvegarde de l’environnement mériterait bien un plan Marshall.

L’éducation à l’environnement s’impose

Le mal est profond et nous pensons qu’il faut commencer par une bonne dose d’éducation à l’environnement, à tous les niveaux. Il faut une grande campagne nationale de changement de mentalités, car il faut formater l’homme. En tout cas, en tant que médias œuvrant dans le secteur de l’environnement, nous sommes disposés à vous accompagner en jouant notre partition.

Enfin, laissez-nous encore vous dire que, prenant la mesure de la situation, le Ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale, Dr Samuel Roger Kamba, a pris l’initiative de créer la Task Force sur la Santé et l’Environnement. Il s’agit d’un groupe de travail, multisectoriel et pluridisciplinaire, composé de chercheurs et d’experts chargé d’accompagner le gouvernement dans l’élaboration des politiques, des plans d’actions et des programmes dans le domaine de la Santé et de l’Environnement. Cette structure qui est déjà à pieds d’oeuvre mérite votre attention pour tous les services qu’elle va rendre à la communauté nationale.

Fructueux mandat, Excellence. Vous n’avez pas droit à l’erreur. La nation vous sera reconnaissante pour tout ce que vous aurez fait.

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ecoverte.info

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